Carré sur Seine…

Pour la première fois, j’ai participé aux rencontres Carré sur Seine, un marathon-speed-dating de rendez-vous avec des professionnels du monde de l’art… cf. https://carre-sur-seine.com/rencontres-artistiques/

Je n’ai pas vraiment d’avis sur ce genre de manifestation, si ce n’est que c’était sans doute pour moi l’occasion d’acter ma « transition » vers une pratique plus plasticienne, que ça m’a permis de faire un état des lieux sur mon travail, et que des retours très encourageants et bienveillants sont toujours bons à prendre !

À suivre l’an prochain ?!…

Marseille

Vision de Marseille depuis les hauteurs de Marseilleveyre.
Tout est blanc sauf le bleu de la mer.

« Au tournant d’un chemin, je vis la mer, tout en bas, entre les collines. Un peu plus tard, je vis la ville même se détacher sur l’eau. Elle me parut aussi nue et blanche qu’une ville africaine. Je me sentis enfin calme, je crus presque toucher au but. Dans cette ville, pensais-je, devrait enfin se trouver ce que je cherchais, tout ce que j’ai cherché depuis toujours. »
Anna Seghers – Transit

« J’entrais sans encombre à Marseille. Vingt minutes après, je déambulais sur la Canebière. Je marchais avec la foule dans le vent qui jetait sur nous, par rafales rapides, lumières et ondées. Et cette légèreté qui me venait de la faim et de l’épuisement se mua en une légèreté sublime, magnifique, créée tout exprès pour ce vent qui m’emportait toujours plus vite jusqu’au bas de la rue. Quand je compris que ce scintillement bleu, au bout de la Canetière, c’était déjà la mer, le Vieux-Port, je ressentis enfin, pour la première fois après tant d’absurdités et de misères, le seul vrai bonheur accessible à chaque être, à chaque seconde : le bonheur de vivre.
Je m’étais toujours demandé, au cours des derniers mois, où pouvaient bien se déverser ces rigoles, ces égouts de tous les camps de concentration, ces soldats épars, les mercenaires de toutes les armées, les profanateurs de toutes les races, les déserteurs de tous les drapeaux. C’était donc ici que cela se déversait, dans ce canal, la Canebière, et par ce canal, dans la mer, où il y avait enfin de l’espace pour tous, et la paix. » 
Anna Seghers – Transit

This is the end… Voltaire

Depuis septembre 2020, j’ai installé mon atelier à l’Espace Voltaire, un projet d’occupation temporaire à vocation artistique (au 81 boulevard Voltaire, Paris 11e). Celui-ci ferme fin septembre 2022, après pour moi deux ans de travail, de création, d’expositions, de fêtes et de belles rencontres…
Outre les expositions collectives, j’ai pu en monter deux en duo, Nostalgies en juin 2021 (avec l’artiste Lina El Herfi), et Déplacement-s en février 2022 (avec l’artiste Anne Damesin). J’ai aussi pu créer le logo et des éléments d’identité visuelle de l’espace, qui perdurent pour moi au delà du lieu…

Atelier artistique à Gentilly – « Le plein d’été » (2)

Cet été, j’ai eu l’occasion d’animer des ateliers Arts Plastiques dans les quartiers de Gentilly, où je réside ; l’idée étant de faire découvrir les pratiques de l’artiste, j’ai choisi, pour le deuxième atelier, de créer avec les habitants un décor de fête, à partir de structure.s / sculpture.s mobile.s inspirée.s du mobile réalisé pour l’exposition Déplacement(s).
Pour reprendre un matériau simple mais diffusant la lumière, j’ai choisi d’utiliser de la couverture de survie, déclinée en guirlandes, en ailes/plumes constituant les éléments des mobiles, mais aussi pour garnir des boules de verre colorées, comme il y en eut dans les « fêtes galantes » imaginées pour les jardins de Versailles.
Ce dispositif venait se placer sous la couverture de végétaux grimpants abritant une allée, il est resté au delà du temps de l’atelier, tout au long de l’été.

Atelier artistique à Gentilly – « Le plein d’été » (1)

Cet été, j’ai eu l’occasion d’animer des ateliers Arts Plastiques dans les quartiers de Gentilly, où je réside ; l’idée étant de faire découvrir les pratiques de l’artiste, j’ai choisi de faire réaliser aux participants des « petits mondes », la cartographie de leur.s imaginaire.s…
Et j’ai eu le plaisir de voir participer petits et grands, de les voir manipuler autrement les matières que j’utilise (et dont je pensais avoir fait le tour)… Bien-sûr, les résultats sont brillants, colorés et séduisants ; mais au delà de cette facilité, je vois l’expression d’un merveilleux qui nous est commun, et de belles correspondances…

Exposition Déplacement(s)

Exposition en duo avec l’artiste Anne Damesin, commissariat de Frédéric Héritier.
« Les notions de déplacement, de mobilité et de vitesse sont au cœur de la modernité. 
L’art fait acte de résistance où les deux artistes plasticiennes cheminent en toute liberté. Elles pratiquent le décentrement, la surimpression, la révélation à travers le dessin, la photographie, la peinture et le volume. 
Le déplacement, à l’opposé de toute sidération, nous amène alors vers l’autre – les autres. 
Et nous enjoint de ne pas nous établir, mais plutôt suivre le mouvement imprévisible de la nature, de nos émotions et nos histoires, portés par nos désirs. »

Texte pour l’exposition : http://armelletrouche.com/blog/wp-content/uploads/2022/03/AT_texte_Deplacements.pdf

œuvres présentées : 
Ô mon amie hâte-toi – 3 grands formats (213 x 140 cm) photo, encre, peinture, tirage affiche dos bleu
Un éventement d’ailes – mobile : bois, calque, coton – 230 x 90 cm
J’aime le mouvement qui déplace les lignes – 2 autoportraits photo – 18 x 13 cm
Danseurs – 2 affiches, photo, dessin – 120 x 90 cm
Les merveilleux nuages / Pareïdolies – encres, acrylique, cuivre, bronze/or – de 18 x 13 cm à 32 x 24 cm
Déplacement – série photo – 18 x 13 cm

Il suffit d’un grand morceau de ciel  (détail) d’Anne Damesin
Anémochorie d’Anne Damesin
Avec Frédéric Héritier et Anne Damesin

Constellation Kérylos

Il y aura eu d’abord pour nous comme une fraîcheur d’eau au creux de la main. Après quoi on est libre de commenter à l’infini, si l’on veut.

Philippe Jaccottet, novembre 1981 (Avertissement / Traduction de L’Odyssée, Homère)

Le « voyage » entamé autour de l’exposition Nostalgies, en juin dernier, se ponctue de rencontres, de découvertes, de coïncidences…
Un lien tissé avec l’auteure (et amie) Sophie Rabau m’a conduit à illustrer son très beau projet de concert, dans le cadre de sa résidence à la Villa Kérylos (Beaulieu-sur-mer) :

« C’est un concert comme une fête, donnée à la villa Kérylos, chez Théodore Reinach, une fête où l’on peut tout imaginer, où l’on peut convier qui l’on veut pour dessiner une constellation où se mêlent l’histoire et l’imagination, le passé et le présent. Tous ceux à qui nous pensons quand nous sommes dans la villa de Théodore Reinach, nous allons les faire venir, les présenter, leur donner une voix et un corps, les faire se rencontrer. Il y aura des héros grecs, des Hébreux et des Romains, mais aussi une courtisane parisienne venue par le chemin de fer depuis le 19ème siècle, une chanteuse grecque antique, une chanteuse grecque moderne et quelques autres invités. On parlera à tous les temps et même parfois au futur. Et chacun pendant la fête pourra continuer à rêver à tous ceux et à toutes celles qui pourraient bien un jour venir à Kérylos, rendre visite à Théodore Reinach pour une fête, un bal, un carnaval. Invitez qui vous voulez… »

Il y a du bleu, la Méditerranée, le péristyle de la Villa Kérylos, le voyage d’Ulysse…
Comme souvent, lorsque j’entame un travail pour un visuel, je pars dans différentes directions, présente plusieurs pistes, et ce n’est pas forcément celle que je préfère qui est retenue… Mais comme souvent aussi, la piste retenue ici était la bonne.

Quand le plan et les vues du péristyle de la Villa Kérylos, le trajet d’Ulysse autour de la Méditerranée, la constellation des noms du programme musical, les étoiles des décors peints de la villa se télescopent sur fond d’encre bleue, plusieurs voies sont possibles ; parmi les pistes, deux ou trois interpellent particulièrement, puis il faut faire un choix. Ensuite, le visuel entame son existence propre, le concert a lieu, et j’oublie les étapes précédentes…

Le trajet d’Ulysse imaginé par Victor Bérard
Le trajet d’Ulysse devient la Constellation Kérylos, ponctué par les noms du programme du concert ; sur fond de Méditerranée, avec ses différentes profondeurs. Les étoiles reprennent les étoiles peintes aux plafonds de la villa.

Les éléments qui représentent la villa (plans, photos, détails…) vont servir de fond pour contextualiser le projet de la Constellation Kérylos.


J’élabore des propositions à partir des éléments recueillis, de mes pistes de réflexion, de mes productions « plastiques » et de mon inspiration…

J’aboutis la piste retenue, je la décline pour différents usages.
J’ai la chance, ensuite, de me rendre sur place, à la villa Kérylos, pour assister au concert (dans sa première partie, la seconde partie ayant dû être annulée pour cause d’intempéries…)

Exposition Nostalgies – « Attendre encore, et je partirai. »

Du 17 au 21 juin dernier, j’ai eu la possibilité d’investir la vaste galerie de mon lieu de travail (Espace Voltaire, Paris 11e, tiers-lieu à vocation artistique) pour une exposition personnelle en collaboration avec l’artiste Lina El Herfi.
Nous avons choisi d’aborder le thème de la nostalgie, avec chacune une approche singulière : pour Lina, l’évocation d’un pays qu’elle ne connaît pas, mais qui lui a été conté par ses parents et grands-parents, pour moi, un voyage vers la Méditerranée de mon enfance, fortement impressionné de lumière et de bleu…
Texte pour l’exposition : http://armelletrouche.com/blog/wp-content/uploads/2021/07/Texte_AT.pdf

Œuvres présentées : 6 grands formats – composition photo, encre, dessin numérique, tirages sur calque format A0 // installation photo, Archétypes de la Méditerranée // petits formats, encres et collages, Les îles invisibles // carnets de dessins de voyage

Photo Stefania Becheanu