{"id":1643,"date":"2026-04-13T21:30:19","date_gmt":"2026-04-13T19:30:19","guid":{"rendered":"https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/?p=1643"},"modified":"2026-04-13T21:31:06","modified_gmt":"2026-04-13T19:31:06","slug":"le-texte-de-laure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/le-texte-de-laure\/","title":{"rendered":"Le texte de Laure"},"content":{"rendered":"\n<p>Je reprends contact avec ce blog d\u00e9laiss\u00e9 depuis quelques temps pour y ajouter le tr\u00e8s beau texte que mon amie Laure L\u00e9veill\u00e9, ma\u00eetre de conf\u00e9rences au Coll\u00e8ge de France, a r\u00e9dig\u00e9 sur mon travail. Certes, nous avons collabor\u00e9 sur divers projets, mais c&rsquo;est avant tout une amie proche, et sans doute l&rsquo;une des personnes qui conna\u00eet le mieux ce que je produis puisque que je la sollicite r\u00e9guli\u00e8rement pour \u00e9changer autour des sujets sur lesquels je travaille. <br>Merci \u00e0 elle pour son soutien ind\u00e9fectible.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"742\" src=\"https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-1024x742.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1646\" srcset=\"https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-1024x742.jpg 1024w, https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-300x217.jpg 300w, https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-768x556.jpg 768w, https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-1536x1113.jpg 1536w, https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-2048x1483.jpg 2048w, https:\/\/armelletrouche.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mer-immortelle-2-1-1200x869.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">           <em>Image d&rsquo;illustration pour une cadidature au domaine du Rayol &#8211; octobre 2025<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Armelle Trouche est une artiste en mouvement. C&rsquo;est le propre d&rsquo;une vitalit\u00e9 cr\u00e9atrice qui jamais ne se coupe du monde et qui d\u00e9sire y tisser des liens, y faire r\u00e9sonner des \u00e9chos, y \u00e9clairer des correspondances.<br>J&rsquo;ai la chance de conna\u00eetre le travail d&rsquo;Armelle Trouche depuis 2010 et d&rsquo;observer ses \u00e9volutions, ses m\u00e9tamorphoses, ses facettes, toutes reli\u00e9es au fil du temps.<br>Des coop\u00e9rations professionnelles d&rsquo;abord, en 2010-2012, au service des \u00ab\u00a0Initiatives d&rsquo;excellence\u00a0\u00bb de la Fondation Paris Sciences et Lettres (PSL), m&rsquo;ont permis d&rsquo;appr\u00e9cier en direct son travail de graphiste : son \u00e9coute profonde des commanditaires, son analyse fine des contextes et des enjeux, son \u00e9l\u00e9gance cr\u00e9atrice et humaine \u00e0 l&rsquo;appui de projets institutionnels innovants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces m\u00eames qualit\u00e9s, qui fondent une personne autant qu&rsquo;une artiste dans la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;elle habite, je les ai vues en outre se d\u00e9ployer au service, b\u00e9n\u00e9vole ou m\u00e9c\u00e9n\u00e9, de projets associatifs, dans des tiers-lieux et au sein d&rsquo;initiatives citoyennes notamment.<br>Art de chercher, art de comprendre les attentes et les besoins par les sens autant que par la raison, art enfin d&rsquo;int\u00e9grer le tout en un geste sobre, puissant et po\u00e9tique, politique aussi, tel le drapeau cr\u00e9\u00e9 pour les Grands Voisins dans le 14e arrondissement de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Une amiti\u00e9 et une complicit\u00e9 sensible, une admiration, sont n\u00e9es de ces premiers temps. Il m&rsquo;a ensuite \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e la chance d&rsquo;assister \u00e0 ce qu&rsquo;elle nomme sa \u00ab\u00a0mue\u00a0\u00bb : la m\u00e9tamorphose en ce qu&rsquo;elle a de rupture inou\u00efe, de puissance transformatrice mais aussi d&rsquo;approfondissement coh\u00e9rent, de devenir inscrit dans une premi\u00e8re forme et cependant qui nous saisit par son \u00e9closion, son <em>re-nouveau<\/em>.<br>Il y a ainsi ce fil \u00e0 la fois tendu et tiss\u00e9 ( comme celui des luminaires mobiles ou des versions renouvel\u00e9es des ex-votos)&nbsp;entre graphisme, architecture et design de sa formation initiale exigeante \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Camondo, et la n\u00e9cessit\u00e9 intime qui fait advenir l&rsquo;artiste plasticienne &#8211; le fil et la texture organiques qui animent l&rsquo;artiste pour animer \u00e0 son tour d&rsquo;autres mati\u00e8res, les divers mat\u00e9riaux qu&rsquo;elle convoque. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est toute la po\u00e9sie et la po\u00e9tique du parcours d&rsquo;Armelle. Au sens \u00e9tymologique issue de cette Gr\u00e8ce ancienne si pr\u00e9sente dans son \u0153uvre : le voyage d&rsquo;Ulysse, l&rsquo;itin\u00e9raire de M\u00e9diterran\u00e9e par excellence, le fil tiss\u00e9, au si long cours, par P\u00e9n\u00e9lope, le voyage de Phileas vers Phoc\u00e9e &#8211; Marseille de son enfance, Marseille de l&rsquo;enfance de l&rsquo;art pour Armelle Trouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l&rsquo;on peut d\u00e9sormais parler d&rsquo;\u0153uvre \u00e0 son propos, c&rsquo;est que ses \u0153uvres au pluriel <em>riment<\/em> : elles riment entre elles au fil du temps et dans les espaces o\u00f9 elles sont expos\u00e9es. Elles riment par les formes, les couleurs, les mati\u00e8res et accueillent parfois des \u00e9crits, des jeux de mots, du texte &#8211; bien plus que des l\u00e9gendes &#8211; tiss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encre avec la trame plastique et lui donnant parfois un \u00e9lan inattendu.  La po\u00e9sie de Ren\u00e9 Char et d&rsquo;Albert Camus, les deux amis d&rsquo;une amiti\u00e9 scell\u00e9e au soleil d&rsquo;une Provence presque archa\u00efque, ne manquent pas au tableau ni \u00e0 la carte &#8211; la cartographie joue sa partie dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Armelle, on sait combien la mer d&rsquo;Ulysse, puis celle de la Rome antique, est vou\u00e9e \u00e0 la carte, a fait na\u00eetre, en Occident et aux confins de l&rsquo;Orient, le besoin et le d\u00e9sir de carte, maritime et terrestre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La carte, c&rsquo;est aussi cet autre objet embl\u00e9matique des c\u00f4tes bleues : la carte postale, petit cadre espace d&rsquo;\u00e9criture au verso d&rsquo;une image, issue du voyage et destin\u00e9e au voyage, pour un temps un peu plus long que celui d&rsquo;une lettre mais bien moindre que celui de <em>l&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em> ou celui d&rsquo;un message confi\u00e9 \u00e0 la mer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 encore, Armelle Trouche fait rimer les cartes &#8211; cartes g\u00e9ographiques et cartes postales, dans des jeux d&rsquo;espaces-temps divers et singuliers, tous inscrits ultimement dans <em>Mare<\/em> <em>nostrum<\/em>, notre mer, que surplombe \u00e0 Marseille la Bonne M\u00e8re comme pour nous assurer que la M\u00e9diterran\u00e9e est immortelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un \u00e9ternel retour \u00e0 l&rsquo;Immortelle, qui, dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Armelle Trouche, prend corps et s&rsquo;inscrit tout en ouvrant l&rsquo;espace vers le ciel &#8211; les nuages, le drapeau, les silhouettes bleues des pins parasols qui nous abritent de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9t\u00e9 invincible\u00a0\u00bb tout en s&rsquo;\u00e9lan\u00e7ant vers son astre, son grand luminaire des origines. (Les luminaires de Milan qui riment, jouent avec leurs versions miniaturis\u00e9es et symboliques &#8211; les lumignons de Notre Dame de la Garde, le mobile ex-voto et son cartouche d&rsquo;or cuivr\u00e9 o\u00f9 se <em>refl\u00e8te<\/em> &#8211; pourquoi pas ? un parfum d&rsquo;encens).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, d&rsquo;exposition en exposition, Armelle Trouche poursuit la mise en espace un vaste po\u00e8me, un chant de ch\u0153ur antique ? (Le chant choral, Armelle le conna\u00eet, le pratique, dans ses formes m\u00e9di\u00e9vales ou baroques) un long po\u00e8me nourri de mythe, de nature vivante, de mer vibrante au bleu immortel.<\/p>\n\n\n\n<p>Que le parfum \u00e9trange, un peu salin, de l&rsquo;immortelle vienne \u00e0 ses narines et la voil\u00e0 transport\u00e9e sur un chemin, ancien et neuf \u00e0 la fois, toujours renouvel\u00e9, le chemin de son enfance marseillaise. Et surgissent, int\u00e9gr\u00e9s par l&rsquo;\u00e9blouissement du soleil invincible, les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;abord \u00e9pars, bient\u00f4t tiss\u00e9s, du souvenir en pleine marche c&rsquo;est-\u00e0-dire en mouvement : l&rsquo;itin\u00e9raire surgit et se reforme \u00e0 partir du caillou, des pierres, des pins, des tiges odorantes, du bleu et de l&rsquo;orange, du rouge et de l&rsquo;or qui, tous font les blasons et les embl\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi la m\u00e9moire n&rsquo;est-elle pas tant un retour qu&rsquo;un chemin parcouru en avant de l&rsquo;artiste, au c\u0153ur de cette garrigue marseillaise connue sous le nom de \u00ab\u00a0garrigue l\u00e9opard\u00a0\u00bb. On y observe et on y ressent des taches vivantes, comme celles du pelage de ces grands fauves qui pourtant ne vivent pas en ces lieux ni sous ces climats. Leurs taches aux contours et pigments reconnaissables ont quelque parent\u00e9 avec les petites \u00eeles imaginaires dont Armelle Trouche fait \u0153uvre-collection et dont les archipels p\u00e9riodiquement expos\u00e9s et enrichis convoquent la cr\u00e9ation et la reproduction des formes dans la nature : ce sont, \u00e0 vue rapproch\u00e9e, des \u00eelots conjugu\u00e9s de bleu et d&rsquo;orange, aux nervures de corail, aux \u00e9clats d&rsquo;or et de cuivre ; o\u00f9 chaque curieux peut reconna\u00eetre qui une cr\u00e9ature aquatique, qui la cartographie d&rsquo;une \u00eele invent\u00e9e, qui les vaisseaux capillaires d&rsquo;un \u0153il \u00e9bloui.<\/p>\n\n\n\n<p>De la miniature au grand voile &#8211; \u00e0 la Grand Voile sur la mer immortelle &#8211; des petits cailloux et des \u00eeles minuscules aux cartes murales, des taches naturelles aux contours advenus de main humaine (trait fin et pr\u00e9cis de la grande carte \u00e0 m\u00eame le mur \u00e0 Gentilly), Armelle Trouche cherche et parvient \u00e0 lancer le mouvement de son \u0153uvre : des nuages et des nu\u00e9es, des trains et des paysages qui d\u00e9filent et se longent mutuellement, des <em>nuances <\/em>enfindont notre monde a besoin plus que jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Son \u0153uvre, encore en essor, \u00e9pouse ainsi le mouvement du monde, manifeste et cultiv\u00e9 les puissances vitales de la nuance, l\u00e0 o\u00f9 r\u00e9sister rime avec contempler, animer, \u00e9clairer.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je reprends contact avec ce blog d\u00e9laiss\u00e9 depuis quelques temps pour y ajouter le tr\u00e8s beau texte que mon amie Laure L\u00e9veill\u00e9, ma\u00eetre de conf\u00e9rences au Coll\u00e8ge de France, a r\u00e9dig\u00e9 sur mon travail. 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